SEI
TO DO :

« Sang-froid et mouvement. Quelle que soit l'activité du corps, la pensée et l'esprit doivent rester calmes, sans montrer vos intentions à l'ennemi. »
C’est
une notion un peu difficile à saisir en Iaido car on pratique seul face à un
ou plusieurs adversaires imaginaires.
C’est une vue abstraite de l’esprit, surtout pour les débutants qui sont
plus attentifs à leur gestuelle qu’à imaginer l'adversaire.
Elle est plus facile à comprendre en Kendo et en Jodo car l'ennemi est présent, bouge et
attaque de manière plus ou moins imprévisible.
Cette notion peut quand même être approchée quand on effectue les Katas avec
un partenaire, en utilisant un Boken, comme dans Uke Nagashi, Ryuto, ou
Gyakuto.
Il ne faut pas se déstabiliser par l’attaque adverse. Il est nécessaire de savoir rester calme, tout en étant
résolu à porter une contre-attaque en observant ses mouvements. Il faut savoir répondre
à une attaque, dans le temps ;
sans sursauter, ni se précipiter, ou sans faire un geste désordonné.
L’adrénaline
modifie nos perceptions : tout est décuplé et une seconde dure une
éternité. Il faut donc apprendre
à gérer cette poussée d'adrénaline, plutôt qu’à chercher à la contrôler.
C’est à ce moment là
que, malgré la technique répétée durant les entraînements, la force mentale
prend le pas.
En effet,
Il faut apprendre à penser au-delà de la technique car cette dernière est
limitée et l’on ne peut aller
au-delà : c’est là la différence entre les Arts martiaux et les autres
sports.
D’ailleurs Ishido Sensei
dit qu’il faut descendre la "tête" (esprit) dans le sabre.
Cela
oblige à ne pas perdre son équilibre mental en raison du danger et de la surprise de l’attaque, du fait d’hésitations.
Durant un examen ou une compétition, il faut se préparer physiquement et mentalement pendant l’attente, en refaisant le scénario
des Katas (image mentale) et, au moment de l’épreuve, cela peut nous aider à conserver notre calme
et notre détermination.
La
respiration doit être contrôlée et profonde, pour conserver son calme.
Elle doit descendre et rester dans le Hara.
Il faut gagner avant de commencer en gardant sa lucidité !!
La
posture du corps a une grande importance, car c’est elle qui démontre la résolution
et le calme.
Mais, la
décontraction mentale et physique ne veut pas dire relâchement : Zanshin, Perception
et Metsuke sont présents.
Dans Maé, les premières phases du Nuki Tsuke sont une situation « Zen no sen » où l’on doit déceler ce
petit quelque chose dans l'attitude de l'adversaire et qui va trahir son intention d’attaquer.
Il faut pour cela regarder la personne en face dans son ensemble sans fixer
son regard sur un point précis. Cependant, dès que l’on a déceler son intention, on change son regard
pour le concentrer sur ses yeux, pour ensuite devancer son attaque.
Ce n’est pas , ni avant qu’il en ait eu
l’intention.
Lorsque l'on réalise Uke Nagashi avec un partenaire
muni d'un Boken, nous sommes dans une situation « Go no sen »
où l’adversaire a déjà dégainer son sabre et avance pour nous porter une
attaque.
Il faut lutter contre son stress, ses peurs. En fait, il faut se préparer à
recevoir cette attaque et la dévier au bon moment : ni avant, sinon
l’adversaire change sa coupe ; ni après, car nous serions déjà couper
en deux !! La notion de Maai (distance espace/temps) est
très importante à ce moment.
Dans une rotation comme dans le Kata
Morote Tsuki,
en partant de la garde Chudan no Kamae, il faut être en mesure de pivoter rapidement et, en ayant armé son
sabre au dessus de la tête, être prêt à le trancher.
Pour être en mesure de riposter, il faut donc garder une base solide – jambes
/ hanches / Hara –, avoir une accélération dans le pivot, avoir préparer un
Hasuji correct (orientation de la lame), un Metsuke correct pour analyser rapidement l’environnement, et une décontraction du
haut du corps pour armer rapidement son sabre.
Plus le corps et l’esprit sont détendus et plus cela augmente la
rapidité et l'efficacité de notre réaction.
A partir de cette situation, il est aisé de continuer, ou d’arrêter sa lame :
on prend la vie, ou on la laisse…. (Satsu/Katsu Jin Ken).
